Grotesque où l’art de faire un Hostel à la japonaise

Not work safe. On est averti. Avant de cliquer sur play, il faut s’assurer qu’il n’y ait personne dans son dos, ni boss, ni collègue au coeur sensible. Doublement averti, j’ai pu également lire: Billed as the film that could make even the most extreme splatter horror fan vomit. C’est dire. Quel péril encourt-on à regarder la bande-annonce de Grotesque? Une crise cardiaque déclanchée par un fou rire incontrôlé? Un choc hypothermique? Une électrocution? Car Grotesque n’est pas si grotesque que cela. Quoique quelque part, certains y verront là un grossier pastiche du grotesque, grimée sous les traits d’une fiction boostée à l’hémoglobine. Ah ça y est. Vous y voyez plus clair? C’est un certain Koji Shirashi, qui s’est pris pour Eli Roth, croisé d’un Takashi Miike, exploitant le gore de l’un et le hardcore de l’autre, donnant naissance à un film hybride, pompant du côté de Hostel et d’ Audition. Partant de ce principe, on obtient un trailer qui revendique un torture porn film. Je ne connaissais pas le terme. Je viens de découvrir. J’ai beaucoup ri en regardant ces images. Mais c’était bien plus un rictus grimaçant plutôt qu’un sourire franc et enthousiaste.

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Religulous, religion is ridiculous!

Ce n’est qu’hier, lors d’une discussion avec Fred 2 Baro et Enikao après la seconde conf’ de rédac’ à l’Express que j’ai découvert Religulous. Il parait que tout le monde en parle. Pourquoi personne ne m’en parle à moi? Est-ce comme tout le monde parle de Twilight? Tout le monde lit Millénium?

Non imaginez un peu, le réalisateur de Borat, les studios à qui l’on doit Fahrenheit 9/11, un documentaire sur la religion avec beaucoup d’impertinence et d’humour.

Je me suis donc précipitée sur la bande-annonce qui apparemment est sorti en juin dernier (Ah oui là ça fait un bail…) Et j’ai découvert ça :

Et j’ai trouvé ça intelligent, cynique, très insolent, mais dieu que c’est bon.

J’allais dire que ce n’est pas vraiment le moment de dire que religion is ridiculous. Mais si l’on en croit l’histoire, ça n’est jamais le bon moment.

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Musebin, ou l’art de la micro-critique musicale

J’ai souvent pensé que les chroniques de disques étaient longues et rébarbatives. Comme le cinéma, c’est souvent une histoire de j’aime/j’aime pas, calé entre trois quatre arguments de spécialiste, sans oublier l’exercice de comparaison que l’on aime bien, parce qu’un artiste A ça ressemble toujours à un artiste B en mieux ou en moins bien. Dans le cas contraire, on appelle ça un ovni, ou une grosse claque.

Bref, sur Musebin, j’ai découvert qu’on pouvait se prêter à l’exercice de la critique en surfant sur la vague 2.0, à savoir le micro-blogging façon Twitter. 140 caractère pour exprimer son avis sur un album. On n’en trouve pas que des récents. Mieux, pas mal de classiques ou d’artistes à découvrir et à redécouvrir le plus simplement.

Un exemple d’avis qui me donne bien envie d’écouter Give Me Convenience or Give Me Death par Dead Kennedys. Un certain pullscraps écrit, je cite, Sounds like: your grandmother. on fire. with politics.

Bien. Inutile de préciser que le site est entièrement anglophone. En même temps mon avis sur les disques francophones se résument généralement à Bof. A chier. Je meurs d’ennui. Sauvez moi. Tout ceci est ironique, pour les plus susceptibles…

Inutile de rappeler également que généralement, on retranscrit directement sur Twitter nos impressions donc certains diront de ce service qu’il est superflu et inutile. Mais n’oublions pas la grande passion du 2.0 pour le communautaire et le marché de niche.

Je ne vous apprends rien, donc vous laisse en charmante compagnie, car en ce moment, mon album de prédilection s’appelle Only by the Night.

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La mort, c’est comme ça chez nous

Un cortège funéraire au Vietnam

En Occident, on fête les anniversaires de mariage, les naissances, les victoires souvent, les défaites rarement, les morts seulement à la Toussaint où les cimetières se métamorphosent en immenses champs de chrysanthèmes.

Chez nous, les décès sont importants. Les enterrements sont aussi festifs que les mariages. On invite la famille, les voisins, les proches, les moins. La musique bat son plein (on notera parfois la présence d’orchestre), le cercueil est multicolore, on festoie beaucoup, on mange beaucoup, on boit également, non pas pour noyer la tristesse dans l’ivresse, mais en souvenir du défunt. Ce n’est pas de la joie que l’on exprime, mais du respect. Pendant ce temps-là, le disparu s’éloigne sereinement. Du côté bouddhiste de ma famille, on s’interdit de pleurer en présence du mort pour ne pas le retenir. Et dans la tradition, la veuve et parfois les enfants portent un voile sombre un certain temps.

Chez nous aussi, et ça vous choque parfois, on photographie les morts, on les fait revivre dans les albums photos, on les place sur des autels fleuris et enluminés, ornés de fruits et autres présents. J’ai connu quelques arrière-grand-parents et grandes tantes comme cela. Sur du papier mat, en noir et blanc, dans de grands albums écornés par le temps.

Au Vietnam, sur l’autel de mon grand-père, on a laissé un paquet de Craven-A pour qu’il revienne en griller une de temps à autre. Il ne fumait pas, mais je crois que ça lui ferait plaisir. A table, on l’appelle parfois à grailler avec nous, une assiette supplémentaire disponible, parfois même remplie de nourriture. Ca n’a rien de glauque, d’effrayant ou même de fou. C’est comme ça. La mort ne fait pas peur, fait partie de la vie, depuis toute petite, elle fait partie de nos histoires de famille frappée par des disparitions multiples et diverses, tragiques, prématurées, maladives, naturelles, sur lesquelles on verse parfois une larme, mais l’on transmet le plus souvent le souvenir des défunts avec beaucoup de ferveur et d’égards, comme un hommage permanent.

Aujourd’hui je suis rentrée à la maison. Hier, ça faisait un an, Un premier anniversaire. Un an déjà qu’il est parti. Et j’ai ce souvenir qui me hante, d’avoir raté son départ, lui en fin de vie, ma soeur et moi sur l’autoroute.

On a allumé quelques bougies sur son autel, lui avons laissé un bol de soupe et ma grand mère lui a demandé de venir partager le repas avec nous.

Ce n’était pas triste, je ne sais pas comment l’expliquer. De toutes façons, pour moi il est toujours là, où qu’il soit.

Pépé, on pense à toi.

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Say goodnight, not goodbye

Les dernières fois ressemblent étrangement aux premières. Elles ont cette rémanence qui traverse les saisons, les âges, les intempéries. On se remémore ce dernier regard, ce dernier baiser, ce dernier jour d’école, ce dernier au revoir, cette dernière dispute, le dernier mot doux, la dernière larme versée pour quelqu’un, la dernière cigarette, le dernier coup d’oeil vers un paysage qui disparait lentement à travers le hublot. L’émotion s’étire dans le temps et pince comme si c’était un pincement sans fin, qui revient, chaque fois qu’on y pense. Derrière chaque dernière, renait une première, autre part, avec d’autres gens, d’autres émotions, d’autres sensations. Plus l’expérience est longue, plus la dernière fois créé ce sentiment de nostalgie instantanée de l’instant présent, le moment même où la fin se dessine et se dérobe par la grande porte. On se sent seul parmi les autres à cacher quelques larmes ravalées, et qui posent le dernier mot d’une aventure. On se sent grandi après coup. Ici et là, maintenant, grâce à tout ce qui précède. Parfois on n’a pas le temps de faire de grand discours. Suffit un claquement de porte, parfois même un silence qui pèse lourd. D’autres voient naitre des remerciements et des embrassades qui cachent l’émotion palpable dans chaque bise qu’on claque. Aujourd’hui c’était mon dernier jour. Et je me souviens de chaque geste, chaque grincement de porte, de chaque éclat de rire et des regards humides. Des éclairs au chocolat, des bulles de champagne, de Bob Dylan, de l’ascenseur aux portes en bois, des clés rendus et du téléphone au répertoire vidé. Après une expérience professionnelle de plus de deux ans, je saute dans une nouvelle aventure, mais ressens cette tristesse de quitter quelque chose qui a fait partie de ma vie durant tant de temps. Lorsque les talons de mes nouvelles chaussures en cuir verni claqueront sur le bitume, je penserais à M., la chanson de Micky Green me rappellera L. et le tintement de mes bracelets laisseront à mes poignets une trace d’eux tous. Je n’oublie pas. Je poursuis seulement ma route avec un bagage plus grand. Encore merci.

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The United States of Tara

Je dois avouer que Hank (Moody) et Charlie (Runkle) me manquent un peu. En attendant la troisième saison de Californication, je suis à la recherche d’une nouvelle série à me mettre sous la dent. Faute de moyens, on se repasse quelques vieux épisodes de Sliders, qui n’ont pas perdu de leur attrait. Jerry O’Connell n’a lui non plus rien perdu de son charme. C’est sans doute du côté (encore) de Showtime qu’il faudra lorgner le 18 janvier prochain pour voir souffler un vent de folie que la tornade Toni Colette (qu’on aura tous certainement adoré dans Little Miss Sunshine) viendra nous apporter sur le petit écran via The United States of Tara. Aux manettes, on a d’un côté Diablo Cody (scénariste de Juno) couplé d’une production Spielberg. Voir Toni en mère de famille se débattant avec ses personnalités multiples doit être sacrément cocasse. Pour les plus chanceux à savoir les résidents américains, le pilote est disponible gratuitement sur le site de Showtime durant quelques jours avant la diffusion effective, grâce au mot de passe “Tara”.

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Le meilleur, rien que le meilleur

Thora Birch

C’est fou comme on perd la notion du temps à la fin des années et au commencement de celles qui suivent. C’est comme un rituel que d’endurer la pression sociale des 31 décembre en cotillons et cris de joie sauvage. Cette année, personne n’aura pu accuser Arthur de nous avoir fait passer un plat réveillon. Lui même avait déserté la tradition. On est entré dans la dernière année de la première décennie des années 2000. Et on pourra dire plus tard qu’on en a vécu des choses. Le passage au nouveau millénaire, les 31 décembre devant Arthur (tandis que nos descendants nous demanderont “c’est qui celui-là?“), le franc, la parité historique euro/livre sterling, la crise, la canicule, les froids mordants, la disparition des saisons, les lancer de chaussure sur le président, la mort de Carlos, les chagrins d’amour qui eux ne connaissent pas d’époque définie, l’amour tout court et tant d’autres choses. Les résolutions chaque année s’amenuisent et préfèrent se concrétiser plutôt que de se faire vainement lister. On avance, quelle que soit l’année devant, quel que soit le réveillon qu’on a passé, quel que soit l’humeur du jour. Car tout est changeant, inattendu, insolemment aléatoire. On en réalise des rêves, on se réalise, on réalise que ceux qu’on aime sont là tout en étant loin, on réalise les pertes et les dégâts commis derrière nous et qui ne feront pas de vieux os. On enterre tout et on recommence tout en sachant qu’au global on vit avec tout le bien et le moins bien qui ont jalonné notre vie et qui tapisseront à jamais nos coeurs, nos tripes, nos souvenirs. On se souhaite quoi alors. Je vous souhaite quoi. Le meilleur. Voilà, juste le meilleur, parce que chacun à son idéal du meilleur et qu’il sait ce qui lui reste à faire pour l’atteindre. Bonne année.

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Monsters vs Aliens [Trailer]

Le premier, puis le second teaser de Monsters vs Aliens sont déjà sortis depuis une petite semaine. Mais puisqu’on avait un peu tous les yeux rivés sur le foie gras et les bulles de champagne, ça ne fait pas de mal de re-découvrir la bande-annonce de la nouvelle animation des studios Dreamworks. L’oeuvre de ces derniers, bien plus inégale que leur concurrent à mon avis, risque cette fois-ci de nous surprendre agréablement (bien que Kun Fu Panda fut plus digeste que Madagascar), avec un espèce d’hybride, tirant à la fois vers Monstres & co et Les Indestructibles. Si l’on pense souvent que Dreamworks est à Pixar ce que Poulidor fut à Anquetil, les deux studios risquent cette fois-ci de franchir égalité la ligne d’arrivée.

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Petits fours et bikinis

Vikki Blow

J’ai un souvenir particulièrement frappant. La veille de mon anniversaire, il y a un an jour pour jour, alors que je sortais d’une séance de cinéma, vers 22h30, une étoile filante a traversé le ciel sans nuage du 27 décembre 2007. A ce moment précis, j’ai fait un vœu. Le temps de cligner des yeux et dire à toute allure ce qui me passait par la tête comme une prière silencieuse que personne ne pourrait entendre sauf ce météore emportant avec lui mon souhait vers une trajectoire inconnue. Le bilan d’une année supplémentaire de vie se superpose avec celle du calendrier grégorien. Dans le chaos ambiant, ma vie en forme de puzzle disparate, s’est reconstitué une identité moins morcelée. Certaines pièces ont quitté le jeu, d’autres s’y sont greffées, transformant le visage d’une existence en reconstruction. Au fil des choses et du temps, on apprend à composer avec ce qu’on a, espérant retrouver un jour les pièces manquantes, traficotant le plateau pour retrouver un certain équilibre. Ce n’est pas simple et s’il reste des trous et des disparités dans le puzzle, il n’en reste pas moins qu’il compose un ensemble homogène et compréhensible. Assez pour combler le manque. Ici et là, comme dans un puzzle impressionniste, il y a des touches de sourires, des traces de bonheur, de l’amour dans le geste, sur fond de paysage qu’on ne comprend pas de prime abord, mais qui si l’on s’éloigne, se contemple avec soulagement, avec un moins d’amertume. 2008, c’était presque ça, comme dirait ma soeur, qui sans relâche tente de capter un portrait de moi sous la lumière déclinante frappant le pont Alexandre et qui jamais ne semble satisfaisant. On est comme ça, à la lisière du perfectionnisme et de l’à-peu près contentant. 2009 sera encore mieux. Mais il faut l’avouer, mon vœu s’échelonnait sur 10 ans et sur les quelques premiers points, tout s’est déjà réalisé.

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A l’ombre des sapins en fleurs

Londres

Berlin

Paris

J’aime Noël et ses poncifs. J’aime les névroses familiales enfouies dans les paquets bariolés et qui se terrent dans la boîte de chocolat Champs-Elysées. J’aime les placements produits des posts de Noël lorsque chacun déballe ses cadeaux en ligne. Chaque année c’est un peu pareil, mais pas tout à fait. En trois semaines, je n’ai vu ni à Londres, ni à Berlin, ni à Paris, encore moins dans la banlieue de mon enfance la même représentation d’une fête qui chaque année me rappelle que le 24 décembre au soir, j’ai de nouveau 6 ans, avec seulement quelques centimètres de plus. L’appartement rétrécit à vue d’œil, le sapin est porté disparu, la crèche n’en parlons pas. Il ne pleut pas, c’est déjà ça. Je ne sais pas pourquoi, j’ai des souvenirs pluvieux qui ruissellent sur les vitres embuées de ma mémoire. Les façades des maisons ont ce petit air niais rendu par le clignotement des guirlandes électriques, mais versent quelques étincelles dans mes yeux de gosse ébahie. Les boulangeries débordent sur les trottoirs d’affamés de bûches et de pain de mie à manger soigneusement avec le saumon. Les embouteillages de Paris à la banlieue irritent puis font rire lorsque la voiture s’enfonce dans la nuit éclairée par les lumières des villes. Tout passe vite, débute plus tôt, se termine à l’heure où les autres foyers commencent à festoyer. L’absence fait pleurer à table et d’un coup d’un seul on se remémore toutes ces dernières années où l’on se demandait s’il sera là la prochaine fois. C’est ainsi, cette année, même Noël ne nous le ramènera pas à la vie. Ce n’est pas pour ça qu’on l’oublie. Papy. C’est pas minuit qu’on va se coucher, pas plus heureux, mais dans mon lit désormais trop petit, je me dis que dans ma tête, Noël ne connait pas la crise. Le lendemain on remet les grands plats dans les petits. Il y a encore du saumon et de la biche, de la glace et de la bûche, on ne change pas les poncifs qui gagnent. On finit la journée au cimetière où mamie a trempé son mouchoir du parfum préféré de son amoureux. Sur sa tombe, elle lui fera sentir les effluves de son amour et l’embrassera tendrement avant de s’éloigner d’un pas chancelant mais heureux d’avoir pu dire Joyeux Noël à feu son mari.

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PS: Joyeux Noël!

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